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Julien Ranc : le grand entretien

Dernière mise à jour : 23 févr.

Candidat aux élections municipales de mars 2026, Julien Ranc porte le projet Ensemble, Réveillons Tassin la Demi-Lune, un pacte en 70 actions concrètes, financées sans aucune hausse d’impôts, avec des priorités claires : remettre les Tassilunois au cœur des décisions, renforcer leur sécurité, protéger leur pouvoir d’achat et renouer un dialogue constructif et exigeant avec la Métropole et l’État. Il nous en parle dans ce grand entretien.


🎙️ Ecoutez l'entretien





Julien, tu es candidat aux élections municipales à Tassin la Demi-Lune. Alors ma première question est très simple. Pourquoi souhaites-tu être maire de Tassin la Demi-Lune demain ?


Parce que tout simplement, je suis un enfant de Tassin la Demi-Lune. J'y suis arrivé il y a bientôt 30 ans avec mes parents. C'est ma ville de cœur, celle où j'ai grandi, celle que j'ai vu évoluer aussi. Je m'y suis beaucoup investi dans sa vie associative, culturelle, sportive et puis ensuite évidemment politique en tant qu'élu depuis 2014.


Et donc si ça peut paraître facile, je pense que c'est vraiment ma ville de cœur, la ville que j'aime. Et malgré mon travail qui m'a souvent amené à exercer, notamment à Paris, j'y rentrais tous les soirs parce qu'en fait ici c'est chez moi et forcément je ne conçois pas mon existence dans cette ville sans m'y engager, sans consacrer du temps aux autres et sans lui rendre aussi un peu ce qu'elle m'a donné. Et donc exercer un mandat et notamment celui de maire, je pense que c'est la meilleure façon de le faire.


Julien, tu parles souvent d'un réveil de Tassin la Demi-Lune. C'est d'ailleurs ton slogan de campagne, « Ensemble, Réveillons Tassin la Demi-Lune ». Alors qu'est-ce que ça signifie concrètement pour toi et pour les habitants ?


« Réveiller Tassin », c'est même au-delà d'un slogan, je pense que c'est une méthode, c'est en fait remettre de la confiance avec tous les partenaires. Ça va des associations de Tassin aux entreprises en passant par la métropole, l'État, nos grands partenaires. Tout ça pour en refaire rayonner Tassin à nouveau, lui redonner de l'éclat. Je pense qu'aujourd'hui notre ville n'est plus la ville-cœur de l'Ouest lyonnais qu'elle a pu être et il faut qu'elle le redevienne et qu'elle reprenne toute sa place dans la métropole. Aujourd'hui, c'est ce que l'on souhaite proposer, sortir du repli, sortir de l'isolement dans lequel on a été placé par la municipalité.


Moi, je propose qu'on retrouve de l'ambition sur tous les sujets pour Tassin, pour qu'elle rayonne à nouveau.



Julien, dans cet entretien, je ferai parfois référence à la grande consultation que vous avez menée auprès des Tassilunois et vous avez eu 492 réponses, c'est énorme. Alors quels sont les principaux enseignements que vous avez retirés de ce beau succès, toi et ton équipe ?


C'est vrai que cette consultation a été un succès, tout simplement parce que c'est une conviction forte avec Mieux vivre à Tassin la Demi-Lune, et le groupe que nous avons fondé en 2013 avec plusieurs élus et des habitants, qui considèrent que la consultation des habitants, ce n'est pas tous les six ans pendant les élections, c'est entre les scrutins aussi pour pouvoir prendre le pouls régulièrement.


Et c'est ce qu'on a fait en 2024 pour commencer à constituer notre programme. Ce qu'on a fait ensuite à l'automne 2025, effectivement, via cette consultation des habitants et des commerçants. Et parce qu'on y croit et parce qu'on l'a menée avec sincérité, ça a eu effectivement du succès.


Et on en a tiré finalement quatre aspirations des Tassilunois, qui aujourd'hui constituent les quatre axes de notre programme. L'aspiration à une ville plus sûre, l'aspiration aussi à une ville plus sobre, que ce soit sur le plan budgétaire ou de la transition écologique, par exemple. L'aspiration aussi à une ville plus juste, avec des actions concrètes sur le pouvoir d'achat.


Et puis enfin, l'aspiration à une ville plus vivante, une ville plus innovante, sur plein de domaines sur lesquels on pourra revenir. Et c'est ces échanges approfondis avec les habitants qui ont nourri notre programme, ces axes, et qui nous permettent aujourd'hui de présenter un pacte pour les habitants.


« Une feuille de route très claire pour les habitants »


Alors ce pacte, il est très complet. Il présente 70 actions concrètes. Qu'est-ce qu'il garantit aux habitants de Tassin la Demi-Lune ?


Je pense que ces 70 actions concrètes, ça garantit aux citoyens une feuille de route très claire pour le mandat qui va venir, avec des investissements dans l'essentiel, tous financés, finançables. Et ces 70 actions, c'est finalement 70 objectifs, alors du modeste au plus structurant, évidemment, mais qui nous rendent responsables et comptables vis-à-vis des habitants, des électeurs.


Ils constateront la réalisation, point par point, de chacun de ces objectifs. Et si je ne devais en retenir que cinq, qui constitueront des axes majeurs de notre action, ce serait par exemple la création de l'office du pouvoir d’achat, sur lequel nous reviendrons, la mise en place d’une police municipale 7 jours sur 7, 24h/24, ainsi que d’un centre de supervision urbaine pour agir en temps réel sur les questions de sécurité. C’est aussi la reprise en main de notre urbanisme, qui aujourd’hui part dans tous les sens.


C’est également l’amélioration des conditions de circulation en ville. Et enfin, la création de véritables services pour les familles, notamment à travers une maison des familles, afin de renforcer la solidarité. Nous reviendrons sur l’ensemble de ces mesures.


Julien, il y a un point que j'aimerais vraiment qu'on aborde. Tu le dis, tout ça est financé sans augmentation d'impôts. C'est possible ça ?


C'est possible, parce que sinon on ne le proposerait pas. Tout simplement, ça fait partie de la méthode. C'est possible parce que c'est réaliste, parce que c'est chiffré, parce que, évidemment, quand on se présente à une élection municipale, on ne le fait pas par hasard et avec des méthodes amateurs.


On le fait avec des méthodes professionnelles. On est bien entouré dans l'équipe, avec des hommes et des femmes qui ont une véritable maîtrise de la gestion financière, que ce soit dans le secteur public comme dans le secteur privé. Donc tout ce qu'on a proposé est évidemment chiffré, finançable, réaliste.


Et quand on s'intéresse justement vraiment aux chiffres, on a conçu ce programme de cette façon, parce que la situation budgétaire de la commune va être rude à gérer, parce que Pascal Charmot ne nous laisse pas une commune aussi bien gérée que ce qu'il veut bien le faire croire, malgré toute une communication de façade. Parce que l'endettement de notre ville est aujourd'hui de plus de 20 millions d'euros et il va considérablement s'aggraver dans les mois à venir avec un nouvel emprunt de 16 millions d'euros pour rattraper le dérapage budgétaire du projet de pôle public de La Raude notamment. Très concrètement, ça signifie un endettement par habitant qui passe de 500 euros avant le début du mandat de Pascal Charmot à 800 euros par habitant aujourd'hui.


Cela grève forcément nos capacités d’investissement pour l’avenir. Et il n’y a pas que les élus qui dénoncent cette situation : la Chambre régionale des comptes elle-même a rendu, fin 2025, un nouveau rapport sur la gestion de la commune par Pascal Charmot au cours des dix dernières années. Ce rapport pointe de nombreux dysfonctionnements, notamment en matière de contrôles de régie, de marchés publics, de gestion du patrimoine bâti, ainsi que sur les passoires énergétiques, qui n’ont fait l’objet d’aucun investissement depuis douze ans et qui génèrent aujourd’hui des dépenses importantes. Il est donc temps de mettre un terme à cette logique.


Et nous, c'est ce qu'on propose avec ce pacte, c'est de sortir de cette ornière finalement et faire des propositions finançables, réalistes, sans augmentation d'impôts comme je m'y engage d'ailleurs personnellement depuis 2014. Et donc, pour rendre tout cela possible, on a tout simplement dans notre pacte proposé aux Tassilunois que la gestion à venir, elle repose sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement d'une part, un objectif annuel d'investissement qu'on a révisé pour qu'il se porte à 4 millions d'euros et ça permettra ainsi de financer les travaux qui sont nécessaires et puis les futurs investissements à venir tout en remboursant la dette de nos prédécesseurs évidemment. Et puis enfin, la recherche active de subventions et de mécénat auprès de nos partenaires et pour ça, il faut avoir de bonnes relations avec ces partenaires.


Julien, j'aimerais qu'on entre un peu dans les mesures maintenant et on va commencer par un thème fort qui s'est imposé ces derniers mois dans la campagne électorale, les transports. Est-ce que tu peux nous dire quelles sont tes propositions en matière de mobilités ?


Les propositions en matière de mobilités sont inspirées aussi de ce que nous disent les habitants et notamment dans la consultation qu'on a menée, c'est-à-dire avoir deux champs d'action :


  • un champ sur le long terme, c'est-à-dire on soutient les grands projets qui permettent de désengorger la commune de la circulation automobile qui nous est imposée, qui vient d'autres communes alentours. Et donc ça veut dire soutien que ce soit au tramway comme au métro en en tirant le meilleur, en préservant évidemment l'intérêt des riverains notamment.

  • Et puis le deuxième axe, et qui est je pense le principal, c'est surtout d'agir sur le court terme parce que les Tassilunois sont usagers des transports en commun et ils voient bien que l'existant n'est pas suffisamment traité. Le tramway c'est bien, mais c'est pas avant 2032, le métro c'est pareil, c'est pas avant 2035 voire 2042, c'est loin.


Et donc ce qu'on propose nous dans notre pacte, c'est effectivement de travailler dès le lendemain de l'élection à des projets qui sont de court terme mais qui vont permettre aux Tassilunois de voir du concret tout de suite. C'est le RER métropolitain avec le ticket unique qui est censé arriver à la fin de l'année 2027. C'est le renforcement des bus de nuit et puis aux heures de pointe, bien sûr, la meilleure desserte des quartiers, l'augmentation des places sur le parking de la gare d'Écully la Demi-Lune, que ce soit pour les voitures comme pour les vélos et accessoirement rendre cette gare aussi accessible aux personnes à mobilité réduite, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.


Et puis la création notamment de stations Vélo'v à Alaï, à la gare de Tassin Bourg, à l'Église de la Demi-Lune, les services d'autopartage qui doivent pouvoir accéder à notre ville et bien d'autres mesures qui sont détaillées dans notre pacte.



« Un office municipal du pouvoir d'achat pour des services et biens essentiels à des prix réduits sans condition de ressources »


Sur cette question des transports, c'est d'ailleurs intéressant de regarder ce que dit votre grande consultation. Il y a 45 % des gens qui se disent favorables au TEOL et 37 % contre, les autres n'ont pas d'avis.


J'aimerais qu'on revienne sur une autre mesure phare du pacte pour Tassin, c'est la création d'un office municipal du pouvoir d'achat. Alors est-ce que tu peux nous dire de quoi il s'agit, comment va-t-il fonctionner et à qui surtout va-t-il s'adresser ?


Alors initialement, l'office du pouvoir d'achat, c'est une idée qu'a eue Mornant, une commune autour de Tassin la Demi-Lune, qui l'avait développée avec une mutuelle communale, l'une des premières d'ailleurs. On a décliné ce concept en se disant que c'était très intéressant mais qu'on pouvait aussi l'étendre à d'autres services et biens essentiels du quotidien qui pèsent lourdement sur le budget des citoyens.


Ça peut être les contrats d'énergie, l'assurance habitation, l'assurance auto, pourquoi pas même d'ailleurs les fournitures scolaires ou encore l'achat d'un véhicule propre, que ce soit un vélo comme une voiture électrique. L'idée de l'office du pouvoir d'achat, c'est évidemment de donner accès sans condition de ressources à ces biens et services essentiels avec des achats groupés qui réduisent les prix et qu'on négocie avec des entreprises, de préférence locales évidemment ou avec des concessionnaires, avec des courtiers. Et donc il y aura un agent finalement des services de la mairie qui animera ce dispositif, qui ira à la rencontre des habitants pour recueillir leurs besoins.


Donc ça a l'avantage d'ouvrir l'accès finalement à tous les Tassilunois à des services et biens essentiels à des prix réduits.



Revenons sur le pacte et sur un autre sujet, celui de la sécurité. Est-ce que c'est vraiment un enjeu central à Tassin la Demi-Lune ?


C’est un enjeu central, parce qu’il ne faut pas laisser les conditions de sécurité continuer à se dégrader. Il faut agir dès les premiers signes de fragilisation. Surtout, la préoccupation en matière de sécurité n’est pas la même selon le quartier dans lequel on vit. Dans certains quartiers de Tassin, la problématique concerne davantage les cambriolages. Dans le centre-ville, ce sont plutôt les agressions, les vols à l’arraché, les vols de véhicules ou de trottinettes. La réponse que nous devons apporter est donc essentielle. Et je compte beaucoup sur le facteur humain.


Donc c'est pour ça que le renforcement des effectifs de la police municipale pour qu'on ait enfin une police municipale qui intervienne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 à Tassin la Demi-Lune, c'est important. Il y a aussi le centre de supervision urbaine, parce qu'en fait aujourd'hui, on a 115 caméras, mais personne ne les observe. Donc on ne peut pas agir en temps réel sur les agressions, sur les délits, sur les personnes dont le véhicule par exemple peut être forcé, ou même sur des délits routiers d'ailleurs, commis par n'importe quel véhicule.


Et puis dans le pacte qu'on fait avec les Tassilunois et qu'on leur propose, il y a aussi finalement l'équipement de son propre domicile, c'est-à-dire la sécurité individuelle, avec l'office du pouvoir d'achat. C'est permettre aux Tassilunois d'accéder à des équipements qui peuvent coûter cher, comme l'alarme, comme la porte sécurisée, comme la télésurveillance, qui permettent justement de prévenir les cambriolages. Et puis la sécurité, ce n'est pas uniquement la sécurité des services de police, c'est aussi tout ce qui va concerner le secours, et donc sécurité au sens large.


Donc nous ce qu'on compte faire, c'est aussi augmenter par exemple le nombre de défibrillateurs disponibles dans l'espace public, et c'est les actions d'initiation aux gestes de premiers secours dans les écoles, pour les habitants, pour le personnel municipal par exemple.



« Il est essentiel que chaque projet fasse l’objet d’une véritable concertation avec les habitants »



Julien, il y a une autre question cruciale, c'est celle de l'urbanisme. C'est une compétence que la ville a perdue, ce qui est un fait relativement rare dans une commune française. Est-ce que tu peux nous dire comment on en est arrivé là ? Comment, toi, tu souhaites récupérer cette compétence urbanisme ? Et surtout, qu'est-ce que ça changera concrètement pour les habitants ?


C’est un fait à la fois rare et grave, parce qu’il s’agit d’une décision majeure. L’urbanisme, c’est le quotidien : le quartier dans lequel on vit, le terrain d’à côté, une maison qui disparaît au profit d’un immeuble. Qu’un maire ne puisse plus maîtriser cette compétence est donc extrêmement préoccupant, car cela empêche toute négociation. Ce sont alors d’autres qui décident à notre place.


Aujourd’hui, la personne qui décide à la place du maire de Tassin la Demi-Lune, c’est la préfète du Rhône, donc l’État, qui détient la compétence en matière d’urbanisme pour le développement de projets immobiliers. La conséquence est visible : les permis de construire pour des ensembles importants se multiplient. Cela aurait pourtant pu être évité, car lorsqu’un maire dispose de la compétence urbanisme, il peut négocier avec un promoteur pour que l’immeuble soit plus petit et mieux intégré dans le quartier.


L’enjeu central de la récupération de cette compétence est donc de faire en sorte que les constructions, lorsqu’elles se réalisent, respectent l’identité de Tassin la Demi-Lune. Ce n’est plus possible aujourd’hui, puisque ce sont d’autres acteurs qui décident à notre place, sur plan, sans véritable ancrage dans le terrain et le concret. Nos objectifs sont clairs : récupérer cette compétence urbanisme, en refaisant un contrat simple avec l’État.


La construction de logements est une contrainte à laquelle on ne peut pas échapper, parce qu’il existe une loi. Quand Pascal Charmot laisse entendre qu’il ne serait pas possible de la respecter, il trompe les citoyens. À terme, non seulement la commune paie des amendes, qui ont représenté tout de même 6 millions d’euros en 12 ans, mais en plus l’État retire la compétence de délivrance des permis, et continuera de le faire tant que la collectivité ne se montrera pas plus coopérative. C’est un rapport de force déséquilibré, et dans ce cadre-là, l’État l’emporte à chaque fois.


Il faut donc récupérer pleinement cette compétence en assumant clairement, vis-à-vis de l’État, que la construction ne peut pas être évitée, mais qu’elle peut et doit être encadrée : pas n’importe où, pas n’importe comment, dans le respect de l’identité de Tassin la Demi-Lune. Cela implique de refuser les programmes composés à 100 % de logements sociaux, qui nuisent à la mixité, et d’exiger que les nouveaux logements répondent prioritairement aux besoins des Tassilunois : étudiants, personnes âgées, personnes en situation de handicap, jeunes actifs, jeunes couples qui travaillent et souhaitent accéder à la propriété, ce qui est aujourd’hui inaccessible pour une grande partie des classes moyennes.


Enfin, il est essentiel que chaque projet fasse l’objet d’une véritable concertation préalable avec les habitants et les conseils de quartier. Il est urgent de changer de méthode et de changer d’équipe.



La transition est toute trouvée, Julien, pour la troisième partie de cet entretien. J'aimerais qu'on parle de méthode, justement. Quelle sera ta méthode à toi pour décider, pour arbitrer, mais surtout pour rendre compte des décisions aux Tassilunoises et aux Tassilunois ?


Je pense qu’il faut sortir du « je décide pour les Tassilunois ». Décider pour les Tassilunois, c’est nécessaire, mais il faut aussi décider avec eux. C’est la méthode que nous voulons mettre en place, et c’est ce qui permettra à Tassin la Demi-Lune de devenir une ville innovante. Décider avec les Tassilunois, c’est d’abord faire preuve de davantage de transparence. Le conseil municipal, par exemple, ne doit plus être une simple chambre d’enregistrement confidentielle : il doit être retransmis, et les citoyens doivent pouvoir y prendre la parole pendant une trentaine de minutes, comme nous le proposons dans notre pacte, afin de poser directement leurs questions aux élus.


C’est aussi donner un rôle beaucoup plus important aux conseils de quartier, en les consultant sur chaque grand projet d’aménagement. Sur les questions d’urbanisme, il ne s’agit plus seulement de consulter, mais de réellement les associer lorsqu’un promoteur immobilier présente un projet dans leur quartier. Cette concertation doit devenir obligatoire. Ces conseils de quartier pourraient également disposer d’un budget délégué pour financer des actions locales, comme l’achat de mobilier urbain, des animations ou du fleurissement.


Il faut aussi, et c’est cela une municipalité innovante, laisser davantage de place et refaire confiance aux porteurs de projets, aux associations, aux entreprises et aux commerçants pour valoriser leurs actions, leurs innovations et leurs talents, que ce soit sur les supports papier ou numériques de la communication municipale.


Enfin, la transparence doit être renforcée. La publication des données publiques, l’open data, sur le budget municipal, les frais des élus ou l’évolution de la dette est essentielle. Il est important que les citoyens aient un accès plus simple à ces informations, afin de pouvoir, tout simplement, décider davantage à nos côtés.


Pour mieux vivre à Tassin la Demi-Lune, et c'est d'ailleurs important puisque c'est le nom du parti que vous avez créé en 2013, il faut aussi que la ville rayonne, que son commerce de proximité soit dynamique, que la ville soit active, que ce soit sur le plan culturel ou sur le plan sportif. Là aussi, c'est un vrai changement de méthode que tu proposes.


Oui, parce qu’aujourd’hui, on conforte Tassin la Demi-Lune dans l’image d’une petite commune de l’ouest lyonnais. Or, avec 25 000 habitants, nous sommes un acteur important de la métropole. Il faut que la ville rayonne à l’échelle de son territoire, non seulement de l’ouest lyonnais, mais aussi de la métropole de Lyon. Les Tassilunois ne veulent pas seulement habiter leur ville, ils veulent y vivre pleinement. Ils ne vont plus aller à Lyon par défaut, ni uniquement pour leurs loisirs, leurs achats ou pour flâner. Tassin la Demi-Lune doit redevenir, à mon sens, une ville vivante et ambitieuse, qui valorise ses atouts et ses talents, qui les fait connaître, et qui rayonne.


Cela passe par un soutien fort aux initiatives des acteurs locaux, notamment du commerce de proximité, un secteur que je connais bien en tant que professionnel. Par exemple, le e-commerce local est aujourd’hui peu valorisé, alors qu’il permettrait de créer une vraie alternative aux grandes plateformes nationales et de soutenir nos commerces. Favoriser l’achat local, c’est aussi permettre, pourquoi pas, la livraison à domicile depuis les commerces de la commune. D’autres villes de la métropole le font déjà. Tassin la Demi-Lune ne le propose pas encore. Cela pourrait devenir un vrai atout pour la ville et pour ses commerçants, avec, par exemple, un programme de fidélité propre à la commune.


Il existe bien d’autres leviers à activer dans cette logique de changement de méthode, en associant réellement les commerçants et les associations à un véritable plan d’animation de la commune.


Aujourd’hui, les Tassilunois ont envie de vivre dans une ville animée. C’est aussi l’idée de “réveiller” Tassin la Demi-Lune : proposer un parcours d’événements réguliers qui donnent le sentiment de vivre dans une ville dynamique. Cela peut passer par la modernisation de la Fête de la musique, pour qu’elle soit présente dans tous les quartiers et qu’elle associe acteurs publics et privés. C’est aussi faire en sorte que les fêtes de fin d’année, le 8 décembre et les animations de Noël deviennent de vrais événements populaires, rassemblant davantage d’habitants, de commerçants et d’acteurs associatifs et solidaires.


C’est également relancer de grands événements sportifs, comme les 1000 Bosses ou les 10 kilomètres de l’Horloge. Et puis, il y a des équipements qui existent déjà, comme l'Atrium, une salle de spectacle qui fonctionne bien, mais qui n’est pas encore suffisamment un espace ouvert à tous.


Il faut bien sûr maintenir une programmation culturelle de qualité, mais le vrai changement de méthode consiste à associer beaucoup plus les habitants et les acteurs locaux à cette programmation, en la complétant par le retour de la pratique amateur. L’objectif est de rendre l'Atrium aux Tassilunois, à leurs associations, aux écoles et aux établissements scolaires. Cela fait partie de notre projet pour permettre à cette salle de rayonner davantage à l’échelle de l’ouest lyonnais.


Enfin, sur le plan de la méthode et de l’association des acteurs, il s’agit aussi de refaire confiance aux acteurs sportifs. Nous voulons lancer ce que nous appelons le GPS, le grand plan sportif, pour répondre aux besoins réels des clubs. Aujourd’hui, leurs attentes sont peu prises en compte, on leur attribue parfois des besoins qui ne correspondent pas à leurs pratiques, et les équipements financés ne sont pas toujours adaptés. Pourtant, certains clubs obtiennent de très bons résultats, parfois à un niveau national voire international. Il est dommage de ne pas investir davantage dans ce domaine en les associant pleinement aux décisions.


Le changement de méthode passera aussi par là.


Julien, il est bientôt temps de conclure et j'aimerais qu'on revienne avec un point extrêmement important. C'est la relation avec la métropole de Lyon qui, clairement, n'a pas fonctionnée. C'est un sujet que tu connais bien puisque tu es toi-même conseiller métropolitain. Alors, en tant que maire de Tassin la Demi-Lune, quelle sera ta posture vis-à-vis de cette institution qui, on le voit, a aujourd'hui énormément de pouvoir ?


Je pense justement qu’il faut sortir de la posture pour adopter, là encore, une autre méthode de travail au service des Tassilunois et de leurs intérêts. Cela signifie, tout simplement, travailler avec le futur président ou la future présidente de la métropole, quel qu’il ou elle soit, que ce soit Bruno Bernard ou Véronique Sarselli. C’est ainsi que l’on fait avancer sa ville : en étant plus constructif, plus pragmatique, plutôt que dogmatique.


Ce n’est pas la méthode qui a été suivie depuis douze ans. Mais demain, la bonne approche consiste à savoir travailler avec les responsables de la métropole, quelle que soit la personne élue.



« Pascal Charmot s’est placé en opposition systématique avec tous les présidents de la Métropole de Lyon depuis Gérard Collomb »



Mais qu'est-ce que tu réponds à ceux qui pourraient dire que c'est une absence de prise de position ?


À ceux qui tiennent ce discours, je les invite à regarder ce qui se passe depuis douze ans. Pascal Charmot s’est placé en opposition systématique avec tous les présidents de la Métropole de Lyon : Gérard Collomb, David Kimelfeld, et aujourd’hui Bruno Bernard. Demain, ce pourrait être Véronique Sarselli, et il serait encore dans l’opposition, quelle que soit la personne en face.


Ce type de posture d’opposition permanente ne rapporte rien à notre commune. La meilleure preuve, c’est que le dernier grand projet métropolitain réalisé à Tassin la Demi-Lune reste la promenade des Tuileries. Qui aujourd’hui n’en reconnaît pas l’intérêt ? Ce projet avait été obtenu par le prédécesseur de Pascal Charmot, Jean-Claude Desseigne.


Cela fait donc treize ans qu’aucun grand projet métropolitain n’a été réalisé à Tassin la Demi-Lune. C’est bien la démonstration que prendre systématiquement parti et adopter une posture dogmatique face à un acteur dont le budget est cent cinquante fois supérieur à celui de la commune, alors que Tassin la Demi-Lune ne représente qu’une petite partie du territoire métropolitain, expose mécaniquement la ville à des conséquences lourdes. Des conséquences qui ne vont pas dans l’intérêt des Tassilunois ni de Tassin la Demi-Lune.


Julien, pour conclure cet entretien, une question simple, une réponse courte. Quel maire souhaites-tu être au quotidien si demain, les Tassilunoises et Tassilunois te font confiance ? Question claire, réponse courte.


Un maire qui écoute, un maire qui dialogue et puis un maire efficace. Et je pense que tout ça, ça se résume par un maire vraiment proche. Toute mon équipe est partante pour appliquer cette nouvelle méthode.




1 commentaire


ablbertrand
23 févr.

Bravo, c est bien pensé, c est clair et c est orienté vers les habitants. Tout se fera avec eux. Enfin un candidat qui pense d abord à nous les habitants, et non pas à sa propre personne .

Bravo Julien Ranc et vivement une nouvelle équipe à la Mairie

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